slowly, slowly… until the sun comes up (2022)

première 30 November 2022!
Atellier de Paris/Festival d’Automne à Paris

FRA
Les rêves, comme le théâtre, ou les autres arts, sont des formes d’expérimentation. Ce sont les environnements qui nous exposent aux idées et aux sensations impossibles dans le monde réel, en nous offrant de nouvelles visions du monde et de nous-mêmes. Même si elles ont des conséquences différentes sur nos vies, les expériences acquises dans les rêves, et pendant certaines experiences esthétiques, peuvent être aussi importantes et constitutives de la relation qu’on entretient avec soi-même et avec l’autre. Nous passons pratiquement un tiers de notre vie dans l’état de sommeil. Toutes les personnes sur cette planète rêvent. Même les animaux rêvent. C’est une « pratique » très démocratisée et absolument nécessaire pour notre équilibre mental et physique. Les rêves sont des expériences qui nous engagent dans des processus de compréhension du monde dans lequel nous vivons. De la même manière, nous avons besoin d’être exposé·e·s aux expériences artistiques et de travailler nos imaginaires pour chercher cet équilibre là.

Est-il possible que les ‘expériences rêvées’ soient intégrées dans nos ‘archives corporelles’ tout simplement comme des expériences de vie ? Pourrions-nous créer des communautés en rêvant ? Pourrions-nous être politiques dans nos rêves ? Rêvons-nous tous les même rêves ? Est-ce que nos rêves sont les ‘programmes génétiques’ qui nous reparent pendant la nuit ? Est-ce que nous pourrions imaginer que les rêves sont une espèce d’imaginaire particulier qui peuple notre corps tout le temps, jour et nuit, comme des animaux qui habitent les profondeurs de la terre, et qui viennent pendant la nuit à la surface, dans notre tête, dans le petit théâtre de rêves, et puis disparaissent dans les profondeurs ?

Une expérience synesthésique, une rêverie en quelque sorte, qui se déploie devant les spectateur·ice·s, troublant progressivement nos perceptions de l’espace concret et de l’espace imaginaire, un voyage nocturne vers l’inconnu. Elle rassemble les regards individuels en un rêve collectif tissé ensemble durant le temps de la représentation, surprenant et peut-être réparateur, libéré des conséquences qui dominent le monde diurne et « éveillé ».

FILETENG
Dreams, like theater, or other arts, are forms of experimentation. They are environments that expose us to ideas and sensations that are impossible in the real world, offering us new visions of the world and ourselves. Even if they have different consequences on our lives, the experiences acquired in dreams, and during certain aesthetic experiences, can be as important and constitutive of the relationship we have with ourselves and with the other. We spend almost a third of our lives in the state of sleep. All people on this planet dream. Even animals dream. It is a very democratized « practice », absolutely necessary for our mental and physical balance. Dreams are experiences that engage us in processes of understanding the world we live in. In the same way in which artistic experiences engage us in the processes of imagining and feeling, which bring us a necessary balance between the real and the possible.

Is it possible that ‘dream experiences’ are integrated into our ‘body archives’ simply as life experiences? Could we create communities by dreaming? Could we be political in our dreams? Do we all dream the same dreams? Are our dreams the ‘genetic programs’ that repair us during the night? Could we imagine that dreams are a kind of particular imagination that populates our body all the time, day and night, like animals that inhabit the depths of the earth, and that come during the night to the surface, in our head, in the small theater of dreams, and then disappear in the depths?
A synesthetic experience, a reverie in a way, which unfolds before the spectators, gradually disturbing our perceptions of concrete and imaginary space, a nocturnal journey towards the unknown. It gathers the individual glances in a collective dream woven together during the time of the representation, surprising and perhaps repairing, freed from the consequences which dominate the diurnal and « waked » world.

FILET

chorégraphie, concept, texte, mise en scène Ivana Müller
en collaboration avec les interprètes Julien Gallée-Ferré, Clémence Galliard, Julien Lacroix
scénographie en collaboration avec Alix Boillot
création sonore Olivier Brichet
création lumières Fanny Lacour & Olivier Brichet régie générale Fanny Lacour collaboration artistique et recherche Sarah van Lamsweerde, Jonas Rutgeerts, Olivia Lucidarme et Nefeli Gioti
production, administration ORLA (Capucine Goin, François Maurisse)

diffusion, prod. KUMQUAT | performing arts (Gerco de Vroeg, Laurence Larcher) coproduction Le Pacifique, CDCN, Grenoble / La Place de la Danse, CDCN, Toulouse / CNDC (Centre national de danse contemporaine), Angers / Atelier de Paris, CDCN, Paris / Festival d’Automne, Paris / Mille Plateaux, CCN, La Rochelle / Ménagerie de verre, Paris
soutiens Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication (FR)


photos© Laurence Larchere, Olivia Lucidarm et Ivana Müller